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Luciol -
Conceptrice Lumière
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Une
femme
rayonnante
!
Vous
me
direz
c'est
elle
qui
pense
la
lumière
!
Très
modestement,
elle
nous
parle
de
ses
projets
:
L'Opéra
Bastille, le
Louvre...
D'un
professionnalisme
assez
rare,
laissez
Luciol
vous
enluminer
et
vous
faire
bénéficier
de
son
expérience
en
matière
de
formation
aux
métiers
de
la
lumière
!
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SAHARA CONCEPT LTD est une entité prestataire de service dans le design
d'environnement orienté vers les solutions Lumière ; fondée par une
Plasticienne-éclairagiste professionnelle depuis 1987 : Luciol.
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Au
début
était
la
Boîte
Noire...
Bonjour,
Luciol, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Fondatrice de Sahara Concept Ltd, j'ai débuté comme beaucoup d'éclairagiste
dans l'univers scénique et culturel. D'abord assistante d'un ponte en
éclairage, Georges Berne ; j'ai collaboré à la correction finale du plafond
lumineux de l'opéra Bastille, conçu au départ par Castiglione et revu par
Peter Rice (l'ingénieur de la Géode et la Pyramide du Louvre). J'ai
principalement travaillé les effets lumières par programmation et les
matériaux de réalisation.
Devenue indépendante, j'ai été amené à corriger mon maître sur l'éclairage
du chef d'orchestre (toujours sur l'Opéra Bastille).
La fin des années 80 ouvre de manière établie de nouveaux horizons pour les
éclairagistes : le milieu muséal, architectural et urbain. La profession
évolue, on parle de plus en plus de sculpteur-lumière, de
plasticien-éclairagiste puis de concepteur-lumière.
Aujourd'hui mon champ d'action est en dehors de la boîte noire, et mon
savoir-faire s'internationalise par des missions en Amérique du Nord, en
Afrique, en Asie et au Moyen-Orient.
Parlez-nous
de
votre
métier
?
Quand on parle éclairage, c'est le milieu de la
scène et du cinéma qui
viennent d'abord à l'esprit.
Depuis la fin des années 80, en France, la
lumière s'est échappée de la Boîte Noire pour venir illuminer le paysage
urbain, la ville, les bâtis et jusqu'aux intérieurs.
Soudain, la lumière ne fut pas, car elle existait déjà dans deux univers
distincts.
Non, soudain, la lumière devient un médium quantifié, qualifié et maîtrisé.
C'est cette notion de maîtrise technique qui a fait sortir la lumière du
flou artistique.
Dans l'autre univers, il y avait des ingénieurs, qui
avaient la rigueur, le savoir du calcul et de la technologie, mais qui
n'étaient pas formés à transcender les moyens techniques en moyens
plastiques.
Le liant entre ces démarches opposées, c'est le monde de l'industrie.
Ce sont les fabricants, qui à la recherche de perfectionnement, boostés par
l'exigence de qualité et de rendu-lumière des clients et des utilisateurs,
ont eu l'ingénieuse idée d'allier ces savoir-faire complémentaires. Et
comme il faut rendre ce qui est à César à César : c'est Philips Lighting
(Mazda Eclairage, sa filiale française) qui a eu cette démarche, enrichie
par un autre élément de taille : l'ergonomie visuelle.
Comment se former à la conception lumière ?
Il y a depuis une décennie, de plus en plus d'associations de professionnel
de l'éclairage, ces entités sont promotrices de différentes approches de la
lumière.
En fonction de l'attente et la sensibilité de chacun, il existe différentes
façons d'y parvenir, mais il est important d'en connaître les tenants et
aboutissants.
*
A.F.E
(Association Française
d'Eclairage) délivre des diplômes consécutifs à
des formations lourdes en ingénierie lumière. Indispensable si l'on
souhaite être prestataire de service pointu en France. Les réfractaires aux
calculs s'abstenir.
*
A.C.E
(Association des Concepteurs
Eclairagistes) réunis des professionnels
qui forment en école de design, architecture intérieure et paysage. Elle
n'a de résonance qu'à l'échelle nationale.
*
E.L.D.A (European Lighting Designer
Association) est la plus appropriée à
orienter vers les écoles et les stages de formation de qualité et au-fait
sur l'Europe entière. Elda est basée en Allemagne.
*
IALD
(International Association of Lighting
Designer), la plus puissante,
elle est basée aux Etats-Unis.
Les fabricants de matériel d'éclairage forment aussi des éclairagistes.
En dehors de ces créneaux, il y a d'autre parcours possible, par exemple,
une école d'art plastique et une formation chez un éclairagiste. 
Et vous, quel a été votre cursus ? J'ai suivi six années d'école aux Arts Appliqués à l'Industrie Duperré à Paris, dont un
BTS Plasticien de surface, volume et environnement architectural, et une
année de formation auprès de Georges Berne, plasticien-éclairagiste.
A l'image de l'évolution du métier, mes premières interventions furent dans
le milieu scénique et culturel. Ces premières expériences professionnelles
; des corrections d'éclairage réalisé par des maîtres : Castiglione, Engel,
puis mon propre maître, m'ont permis d'asseoir ma réputation.Parlez-nous
des
travaux
qui
vous
ont
été
confiés.
1987-88 Assistance à la correction :
- du plafond lumineux de la Grande Salle de l'Opéra Bastille
- de l'éclairage du musée Picasso, l'Hôtel Salé
Correction :
- de l'éclairage du pupitre du chef d'Orchestre de l'Opéra Bastille
- choix produit verrier pour verrière puit de lumière JAKKO POYRY
1989 conception lumière :
- Département sculpture de l'Aile Richelieu au Grand Louvre
1990-91 Expertise éclairage artificiel et naturel :
- Musée des Beaux Arts du
Havre, programmation
- Cité des Sciences et de l'Industrie, Ilots Agriculture et Environnement
conception lumière
- Forum and Metropolitan Center de Tokyo
Aujourd'hui, les missions de Sahara Concept Ltd sont des projets pilotes,
dont
1992-1998
Programme et rénovation
des musées du Kenya avec NMK
(National Museums of Kenya) auprès de Georges ABUNGU.
2000-2002 Reconstruction
Reconstruction
du barrage de Jaulnes,
où l'éclairage est principalement du guidage optique et une recherche de
solution-lumière écologique, auprès de VNF (Voies Navigable de France).

Dîtes-nous les qualités et les défauts nécessaires
pour remplir à bien cette fonction ?
Comme dans tous les métiers de conception, le concepteur-lumière a une prise
de position déterminante et significative pour le projet, sa réalisation, son
coût et la perception de l'identité visuelle de l'entité mise en oeuvre.
La jeunesse de la profession en France laisse encore des zones d'ombres. Sous la même étiquette on
trouve des sculpteurs de lumière, des
illuminateurs
de façade, etc.
Pour Sahara Concept Ltd, la définition du métier est le Design
d'Environnement Architectural et Urbain avec pour angle de vue la Lumière.
Il n'a plus aucun appel à candidature pour les grands projets urbains et
architecturaux sans l'intégration d'un éclairagiste co-traitant. Pourquoi?
De plus en plus on intègre les données d'éclairages naturels et artificiels
comme déterminant, voir générateur pour la conception architecturale et
urbaine. Ce positionnement n'est pas nouveau Outre-Atlantique et
Outre-Manche, par ailleurs il existe en anglais un terme générique à cela,
qui n'a pas son équivalent en Français : sunlighting and lighting as
architectural formgiver.
Si un ministre de l'éducation vous sollicitait pour améliorer l'enseignement de
votre secteur d'activité, que lui diriez-vous ?
Pour éclairer et améliorer la profession, en France, il faudrait de façon
générale revoir le système éducatif.
Le nerf du business, c'est les idées
et les innovations.
Les écoles foisonnent de jeunes gens créatifs et
inventifs. Les entreprises ont besoin d'eux, mais il n'existe pas
d'interface pour les mettre en connexion.
D'autre part, la multiplication des années sur le banc des écoles, repousse
leur entrée sur le marché du travail, de la vie professionnelle, les
déconnectant complètement d'une vision réaliste du monde du travail et de
l'économie de marché.
Dans les études spécialisées, la gestion, la finance et le droit sont
totalement ignorés ou insuffisants. Ce qui a pour résultat, une grande
difficulté à créer des entreprises et de se mettre en indépendant. C'est un
des facteurs frein de l'économie.
Le mode éducatif actuel réduit à zéro le possible des jeunes qui ne sont pas
voués aux longues études. Il n'y a pas de mise en valeur des études courtes
et de l'apprentissage.
Quant au métier de concepteur-lumière, l'idéal serait de former des jeunes
de 20-22 ans, avec des bases en art plastique et en dessin technique ou
ayant déjà une expérience dans un des métiers du bâtiment et un intérêt à la
mise en valeur par l'éclairage.
Ici, ce qui prime c'est un état d'esprit,
celui de la polyvalence et du goût pour la lumière, plus qu'un pré-requis.
En quinze ans, les concepteurs lumières sont devenus indispensables aux
grands projets. Il n'y a plus d'appel à candidature sans un éclairagiste
co-traitant avec les paysagistes, les architectes et les urbanistes. Signe
des temps : beaucoup d'architectes se tournent vers ce métier, qui est plus
porteur (il y a moins de concurrence et la rémunération plus importante).
Actuellement, avec le manque de personne qualifié, il faut vraiment miser sur
l'apprentissage. Les trente-cinq heures ne viennent pas améliorer la
situation.
C'est un métier où les imprévus sont courants, le respect des
délais est strict et les charrettes (nuits blanches à travailler) sont assez
fréquentes.
C'est une activité qui demande beaucoup d'implication physique, intellectuel
et personnelle.
Le
savoir-faire
français
est-il
apprécié
au
niveau
européen
et
international
Le savoir-faire français est très apprécié au niveau européen et
international, mais nous sommes en perte de créativité par un
appauvrissement du système éducatif et culturel. L'effet génération Coca
Cola et la globalisation culturelle (non par l'enrichissement, mais la
réduction) nivèlent les esprits. La génération active est celle du remake
et du style (genre en apparence).
Pour contre
carrer, cette tendance il faut redonner le goût de la recherche,
de l'effort, l'amour du travail, du perfectionnement et accepter la notion
d'apprentissage.
Quels
sont
vos
projets
en
cours
?
Actuellement, Sahara Concept Ltd travaille sur le développement d'un
logiciel de formation au concept lumière, afin de pallier le manque de
centre de formation de qualité et faire face à la demande grandissante du
marché.  |